calédoblog

Ici Nouméa, Nouvelle-Calédonie ! La température au sol est de 35°, vous pouvez détacher vos ceintures...

01 juin 2007

Un roman participatif ?

Sur Wikipedia, les internautes sont invités à contribuer à la rédaction de la plus grande encyclopédie du monde.
Alors, des petits malins ont détourné l'idée, en s'inspirant du modèle des "cadavres exquis", et ont créé le concept du "roman participatif", ou "wiki-novel" qui permet à tout le monde (et à n'importe qui) de devenir écrivain !
Un 1er essai fut la conception du "livre" A million penguins. Puis d'autres s'y sont essayé...
Preuve de l'importance du phénomène, Pierre Assouline en a parlé (ici).
Si vous aussi vous voulez participer à la création d'une histoire originale, allez faire donc faire un tour sur le site : http://wikinouvelle.canalblog.com/

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22 mai 2007

L'Epave, de Déwé Gorodé

Je viens de lire un beau livre, que je vous conseille vivement : c'est le premier roman de Déwé Gorodé, qui a vécu l'évolution et les moments difficiles de son pays, la Nouvelle-Calédonie, des années militantes de sa jeunesse dans les années 60, au XXIème siècle naissant, en tant que vice-présidente du gouvernement.
Son livre comporte plusieurs entrées, toutes aussi intéressantes : une histoire d'amour retracée de façon poétique et imagée, une analyse sociologique sans compromis, dévoilant la violence d'une société déboussolée (viols, incestes, pertes de repères culturels...) et, toujours présentes, les revendications politiques, contre le colonialisme et l'impérialisme, pour l'indépendance et les libertés.
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Le livre est, je crois, en cours de réédition (voir sur le site de la librairie Montaigne)
Pour en savoir plus, 2 liens : un extrait du roman (lu par l'auteure elle-même)
une biographie + interview sur le site de RFO

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04 mai 2007

le coin des poètes - 5

Le 4 mai est une date importante pour la Calédonie : il y a 18 ans aujourd'hui disparaissaient Jean-Marie Tjibaou et Yeiwene Yeiwene.
Voici pour l'occasion un poème de Nicolas Kurtovitch, dont vous trouverez la biographie sur son site personnel.

kurtovitch


Poème du 4 mai


Tard dans la nuit des hommes sont venus
Apporter la nouvelle que deux hommes étaient morts
Avant l'aube nous aurons quitté la maison

Porté le deuil et rencontré les amis
A travers la forêt par les sentiers très anciens
Il y a tant de choses à dire de noms à ne pas oublier

Et puis le soleil un instant disparu reviendra
Différent brillant davantage comme augmenté
De la vie de ceux qui sont tombés
 
(Avec le Masque, Editions Les cahiers du Pont sous l'eau, 1997)


   Et un second poème, tiré du recueil : L'arme qui me fera vaincre, Editions Vent du Sud, 1989 :


Contempler le ciel


    Contempler la mer éternelle
    C'est comme être transporté
    D'un seul vol

        Au-dessus d'une vallée
        Mystérieuse et embrumée
        Le regard se perd

         A attendre un signe de vie,
         Comme un appel d'en bas
         Qu'il est possible de vivre

Le brouillard la plume la pluie
Peut-être les nuages cachent
L'herbe épaisse

        Nos pas étouffent ceux d'un
        Rodeur joyeux et malin
        Venu subrepticement

     Ouvrir les portes et les toits.
     Qu'entre le vent et ressortent
     Les âmes des morts.

         Seuls les vivants restent en bas

         Contempler le ciel est comme
         Vivre l'éternité.

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25 avril 2007

le coin des poètes - 4

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Jean Mariotti est né à Farino en 1901. Il y fait sa scolarité, avant de poursuivre ses études à Nouméa.
En 1924, il embarque pour la France pour son service militaire et s’installe à Paris.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il est fait prisonnier par les Allemands et participe à des actes de résistance.
Il revient vivre en Nouvelle-Calédonie en 1947, où il reste 3 ans.
Il décède en 1975.
Un collège et une rue portent son nom à Nouméa.
Il a écrit plusieurs livres pour lesquels il a reçu des prix : des romans, des recueils de contes (Les Contes de Poindi) et des poésies.
Voici un beau texte dédié à tous ceux qui ont quitté leur beau caillou et se retrouvent dans la grisaille...


NOSTALGIE


   Quand l’âcre odeur du soir,
De la ville mouillée, monte aux toits de Décembre.
Quand la rue souillée pleure au long des trottoirs
Des sanies qui engluent.
Quand la bise aigre, rasant les murs, se rue avec furie
Transportant en longs couloirs
Les senteurs rances
De Paris qui fricotte la tambouille du soir
Je songe à mon Océanie.
Mon regret vain s’égrène
Du corail caressé par la houle câline
A la senteur si douce
De la brousse violente
Et je crois voir alors,
Perçant les brumes sales
Crevant l’horizon lourd
D’un paysage aux perspectives lentes,
Je crois voir dans le soir
Monter le ciel si clair de mon île natale.
Ciel où l’océan navigue. Irréel concave
Serti de corail. Etincelle
En dérive sous les feux du soleil.
Cette lumière,
Par lambeaux brûle mon cœur gris
Sans le réchauffer
Car je sais, oui, je sens
-Puisque, tout ensemble,
Je vois le soleil de midi et
la Croix
du Sud étincelante.
Je sens que c’est un rêve qui me tourmente
Que c’est Décembre
Et
Que je suis à Paris.

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16 avril 2007

le coin des poètes - 3

   Spécial Pin Colonnaire ! Il y a dans le monde 19 espèces d'araucarias ; 13 endémiques à la Nouvelle-Calédonie, dont le fameux "pin colonnaire" qui orne les rivages du Sud et caractérise la fameuse Île des Pins.
   L'arbre a aussi inspiré les poètes : 1ère version par Paul Jeannin (Dans le sillage des jours, 1967)
2ème version par Dewe Gorodey, actuelle vice-présidente du gouvernement (Sous les Cendres des Conques, 1974)

Dewe_Gorodey


Le pin colonnaire

Dominant de la mer les vastes étendues,
Il dresse fièrement sa cime vers les nues,
Imposante colonne aussi droite qu'un i,
Sans feuillée où l'oiseau puisse faire son nid.

Géant muet, autour de lui sont répandues
Les voix de l'océan et du vent confondues.
Prométhée enchaîné, rivé sur son granit,
Il reste posé là, seul, face à l'infini.

Tour à tour il a vu le calme et la tempête ;
Des colères sans nombre ont rugi sur sa tête
Sans qu'elles aient jamais pu la faire ployer ;

Mais soudain un éclair embrase les nuées,
Et son éclatement suffit pour foudroyer
L'impassible témoin de centaines d'années.

Araucaria_columnaris


ARAUCARIA

Araucaria
pin colonnaire
qui troue le ciel de mon pays
de son tronc s'étirant
vers les souvenirs inavoués
de mon peuple humilié
réfugié dans le ciel des prières
         
        pour oublier

Araucaria
arbre à palabres
de clans et tribus trahis
sur cette terre qui est leur
leurs paroles figées
dans ta dure résine solide
je les dirai en face car je ne veux
      
        PAS OUBLIER
      
        Je les écrirai
        là où je le pourrais
        du mieux que je le pourrais
        ici et maintenant car

j'ai beau chercher
la nuit le jour
je ne vois rien d'autre dans le ciel que
pour éclairer ma mémoire

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11 avril 2007

Le coin des poètes - 2

   Louise Michel est une figure emblématique en Nouvelle-Calédonie. Voici sa biographie :

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1830 : naissance en France (Haute-Marne).
1852 : elle devient institutrice.
1870 : fin de l’Empire, la République est proclamée.
1871 : lors de la révolte du peule parisien contre la République (la Commune de Paris), Louise Michel suit le peuple et s’engage pour la défense de Paris et le soin aux blessés.
Elle est arrêtée et condamnée à la déportation (à Ducos).
1873 : elle arrive en Nouvelle-Calédonie et devient institutrice pour les enfants de déportés.
1874 : Louise Michel se consacre à l’observation de la faune et de la flore calédonienne, s’attache à comprendre les kanak et à apprendre leurs langues, continue à enseigner.
1878 : elle apporte son soutien moral à la grande révolte menée par le Chef Ataï.

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le chef Ataï 

1880 : avant d’avoir pu mener à bien son projet d’ouvrir des écoles de brousse, elle doit rentrer en France.
1905 : après des années d’engagements politiques, féministes, pédagogiques, la "Vierge Rouge" décède à Marseille.

Aujourd’hui, une rue porte son nom à Nouméa, et une école à Bourail.
Voici un de ses textes, paru dans Légendes et Chansons de Gestes Canaques (1875) :


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VI - Les Blancs
   Homme blanc, d’où viens-tu ? Il a fallu bien des écorces pour tisser les ailes de ta pirogue ; bien des arbres pour la creuser.
   Quelle puissance t’a donc arraché à ta case pour être venu d’aussi loin ?
   Car tu viens du plus loin qu’habitent les hommes, sous le froid soleil qui les rend pâles.
   Si tu étais parti des îles que nous connaissons, à peine les ailes de ta pirogue seraient froissées tandis qu’elles sont usées par le vent, comme s’il y avait soufflé dix fois l’igname.
   Homme blanc, que nous diras-tu pour être venu d’aussi loin ?
   Dans ton pays, on mange tous les jours, car un jeûne d’un matin paraissait t’incommoder ; que nous donneras-tu de tant de richesses ?
   L’homme blanc ne raconte rien ; il ne donne rien. L’homme blanc s’établit dans le pays avec ses compagnons ; ils y semèrent les grains dont la race pâle se nourrit et les gardèrent pour eux ! On les avait reçus en frères mais ils ne le furent pas.
   Depuis que les hommes blancs sont venus, on ne compte plus le nombre de fois qu’on a récolté l’igname ; on n’en fait plus la fête, on ne compte plus rien.
   Les jours passent comme les gouttes d’eau du grand lac ; pourquoi le mesurerait-on, puisque les pirogues ailées garderont toujours le rivage.
   Ils ont pris Counié à la ceinture pâle ; ils ont pris N’ji chevelure de brousse ; ils ont tout pris.
   Plus jamais l’homme des îles ne sera joyeux ; plus jamais il ne dansera sur la rive le pilou des mers.
   C’est ainsi qu’il disait, le vieillard de Counié, mais les jeunes se mirent à rire, ils dansèrent avec les filles blanches et leur donnèrent les colliers de jade de leurs mères ; ils échangèrent avec les hommes des grandes pirogues les haches de pierre de leurs pères pour les kougas (fusils) des Blancs.
   Et [avec] toutes les ignames ils formèrent sur la rive le pilou des mers.



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04 avril 2007

le coin des poètes - 1

Un peu de poésie locale avec, pour commencer la série, Pierre Gope :

pierre_gope Pierre Wakaw Gope est né en 1966 à Pénélo (Maré). En 1991, il se découvre une passion pour le théâtre en assistant à la répétition d’une troupe. Après avoir parcouru le monde pour apprendre son métier, il fonde sa propre compagnie de théâtre. Depuis, il a mis en scène de nombreuses pièces de théâtre.

Son actualité : les 20 et 21 avril, La nouvelle et sublime histoire de Roméo et Juliette, drame de Pierre Gope d’après William Shakespeare (théâtre). Au Centre culturel Tjibaou (les 26 et 27 au Centre culturel de Koné).

Voici deux de ses poèmes parus dans un recueil de 1999 : S'ouvrir (éd. L'Herbier de Feu) :


bambou

AU RYTHME DU BAMBOU

Eau fluide
Long silence
Nuit creusée
D’un son lourd
Tumulte
Rage
Sourde
Mêlée
Sur la voix du bambou
Le danseur s’élance
Et sa joie relie
La forêt le vent les esprits la Lune
La terre tremble
Clameur
La terre tremble
Poussière de soie
Le danseur s’élance
Soulève
La forêt le vent les esprits la Lune
Et les mêle
            ivre
                      à sa joie


S’OUVRIR

S’ouvrir           fleurs
S’ouvrir           ailes
S’ouvrir           mère
S’ouvrir           porte
S’ouvrir
            donner
                        s’accepter
                                  sans retour
Sous la pluie battante de l’amour

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30 mars 2007

toutoute

   L'association Lire en Calédonie vient de sortir un magnifique recueil de "comptines, berceuses et jeux de doigts, d'ici et d'ailleurs, chantés en Nouvelle-Calédonie" : Toutoute (édition Grain de Sable).
   Les chansons sont interprétées dans les langues de plusieurs communautés de Calédonie : les langues kanak : ajië, caac, paicî, iaai, nengone, vamale, xârâcuu, drehu, d'autres langues du Pacifique : réo maohi, wallisien, futunien, des langues asiatiques : japonais, mandarin, indonésien, vietnamien et en français, alsacien, anglais, créole, allemand, arabe.
   En quelques semaines, le livre est devenu un succès de librairie, un outil pédagogique indispensable (je m'en suis servi en classe pas plus tard qu'aujourd'hui) et un cadeau magnifique. En plus, il a été décidé que chaque maman d'un bébé né en 2007 recevrait l'ouvrage (on devrait être dans les temps, ouf !)
   Le livre fonctionne bien, la preuve :

toutoute

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11 février 2007

Tintin en Kanaky

ou : "les ombres de la période coloniale" (Accords de Nouméa)

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Dans 3 albums de Tintin, le mot "canaque" est utilisé comme une insulte par le capitaine, deux fois associé au mot "cannibale", une fois au mot "ku-klux-klan"...

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